Albert, la IA générative développée par l’État français, est la pièce maîtresse d’une transformation numérique visant à optimiser les services publics. Avec un déploiement ambitieux et stratégique, cette intelligence artificielle se propose de révolutionner l’administration publique aux quatre coins de la France. Ce modèle d’intelligence artificielle, dévoilé en avril 2024, repose sur des technologies open source robustes et a pour objectif d’aider les agents publics à répondre plus efficacement aux besoins des citoyens. D’un assistant à la gestion de documents à un outil de support pour les démarches administratives, Albert est sur le point de devenir un acteur incontournable du quotidien des fonctionnaires et des usagers.
Au travers de ce développement, l’État fait le pari de la souveraineté numérique, en choisissant des solutions qui garantissent le contrôle sur les données sensibles. Ambition et pragmatique, Albert s’inscrit dans une dynamique de transformation numérique sans précédent, marquée par l’application de technologies intelligentes qui redéfinissent l’interaction entre l’administration et les usagers. L’utilisation de l’IA dans les services publics n’est pas simplement une évolution technique, c’est une véritable révolution qui pourrait changer à jamais l’accès aux services publics.
Les fondements d’Albert
L’introduction du modèle de langage Albert témoigne de l’engagement de l’État envers l’utilisation des technologies de pointe. Construit sur le modèle open source Llama 3.1 de Meta ainsi que sur ceux de Mistral, Albert offre une solution souple et efficace pour traiter une multitude de cas d’usage en matière d’IA générative. Les équipes de la direction interministérielle du numérique (Dinum) ont travaillé sans relâche pour garantir que ce modèle puisse non seulement générer des textes, mais aussi analyser et synthétiser des informations issues de sources variées.
ULrich Tan, responsable du pôle Datalab de la Dinum, met en avant l’importance d’avoir créé un outil accessible sur des infrastructures contrôlées. Cela permet de s’assurer que le traitement de données sensibles se fait dans un cadre de sécurité optimal, qui est une exigence cruciale pour toute administration.
Un assistant pour les agents
Albert est conçu spécifiquement pour soutenir les agents publics dans leurs missions, tout en les aidant à maintenir la qualité de service auprès des citoyens. En effet, cette IA ne remplace pas l’humain, mais l’assiste dans des tâches multiples comme la rédaction de documents administratifs ou la réponse à des questions courantes. Les débuts de son déploiement au sein des services publics ont déjà montré des résultats prometteurs. Dans le cadre d’une expérimentation, 80 conseillers ont ainsi pu utiliser un prototype basé sur Albert dans sept départements.
Les retours d’expérience des utilisateurs ont révélé qu’une large majorité, soit 71%, trouvent cet outil facile à utiliser et 58% se disent prêts à le recommander à leurs collègues. Ces statistiques prouvent non seulement l’efficacité de l’outil mais aussi sa capacité à améliorer la productivité des agents, tout en leur permettant de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
L’API Albert : un outil de développement adaptable
Un autre aspect clé de la mise en œuvre d’Albert est la mise à disposition de son API, qui permet aux ministères et aux différentes administrations de développer leurs propres projets adaptés à leurs besoins spécifiques. Cette approche de LLM as a Service a débuté l’été dernier, permettant ainsi une exploitation flexible et rapide de la technologie. En centralisant le développement via cette API, l’État vise à faciliter l’accès à des outils d’intelligence artificielle pour les 2,5 millions d’agents publics.
Cette stratégie d’accompagnement du déploiement d’Albert et de mutualisation des ressources pourrait permettre une réduction significative des coûts liés à la mise en place de systèmes d’intelligence artificielle au sein des administrations. Les retours d’expérience confirment que ce modèle incite à l’innovation et la collaboration entre les différentes entités gouvernementales. C’est un pas vers une administration moderne, où les outils technologiques permettent d’améliorer les processus et l’expérience des usagers.
Les premiers cas d’usage
Les premiers cas d’utilisation d’Albert sont variés et prometteurs. Par exemple, l’intelligence artificielle a été intégrée dans le comparateur d’IA conversationnelles développé par le ministère de la Culture. Dans ce cadre, Albert renforce la suite bureautique de l’État, où il est utilisé pour faciliter la génération de textes et la syntaxe dans des documents administratifs.
Cette intégration a prouvé son efficacité lors d’ateliers de rédaction où Albert a pu aider à générer du contenu de manière rapide et cohérente, laissant aux agents le soin d’apporter leur touche personnelle. L’introduire au sein de l’outil de traitement de texte, de manière autonome, est un excellent exemple de la façon dont l’État envisage d’utiliser l’IA pour améliorer la bilatéralité entre l’administration et les usagers dans des processus clés.
Vers une gouvernance open source
Un des principes fondamentaux du développement d’Albert est de garantir une accessibilité optimale à ses outils. C’est pourquoi le code d’Albert est déjà disponible sur des plateformes telles que GitHub et Hugging Face, ce qui permet à tous les acteurs intéressés de contribuer à son amélioration. Cette démarche de d’ouverture et de transparence s’inscrit dans une volonté plus large de promouvoir l’innovation ouverte au sein de l’administration publique et d’encourager les échanges collaboratifs.
Ulrich Tan, lors d’une récente intervention, a mentionné que l’État n’a pas encore activé une équipe de contributeurs externes, mais cela fait partie des prochains objectifs. En favorisant un environnement collaboratif où développeurs, startups et organismes de recherche peuvent contribuer, l’État cherche à dynamiser le modèle d’IA générative et à identifier des meilleures pratiques.
Les défis de l’IA en administration publique
Toutefois, des défis subsistent. L’un des principaux enjeux reste la complexité d’intégrer une IA performante dans le cadre d’une administration déjà bien établie. Les agents doivent non seulement être formés à utiliser cette technologie, mais aussi à comprendre comment elle peut transformer leur façon de travailler. Les scepticismes autour de l’utilisation de l’IA, ainsi que les préoccupations liées à la gestion des données et à la responsabilité, nécessitent des stratégies claires et transparentes.
L’État a donc mis en place des sessions de formation pour sensibiliser et préparer les agents à l’utilisation d’Albert. L’objectif est d’assurer une transition en douceur vers l’usage des outils d’IA, tout en répondant aux interrogations légitimes concernant la sécurité des données et la protection de la vie privée. Au cœur de cette démarche se trouve un souhait d’équilibrer innovation technologique et respect des valeurs fondamentales de service public.
Cas d’usage avancés et futur d’Albert
Dans un avenir proche, le développement d’Albert continuera d’évoluer avec de nouvelles fonctionnalités. Un des projets mentionnés par les équipes de la Dinum inclut le RAG multi-agent, où plusieurs agents d’intelligence artificielle pourraient collaborer pour résoudre des questions complexes. Le processus d’assignation est essentiel ici, puisque le premier agent évaluerait la complexité de la question posée et les classerait selon leur exploitabilité.
Transformation des services publics
Il est claire que Albert est amené à transformer le paysage des services publics en France. Les administrations sont de plus en plus conscientes de l’importance d’intégrer des outils numériques dans leur fonctionnement quotidien pour mieux servir les citoyens. La tendance actuelle montre une volonté de simplifier les démarches administratives et rendre l’accès à l’information plus fluide. Ainsi, en misant sur l’intelligence artificielle, l’État s’efforce d’améliorer l’expérience des usagers et d’aller vers un service public proactif qui anticipe les besoins des citoyens.
Les chiffres ne mentent pas : une amélioration significative de l’efficacité administrative est attendue, s’inscrivant dans un cadre où moins de temps est perdu sur des tâches répétitives et plus de temps est consacré à des missions essentielles. En ce sens, Albert représente un atout stratégique pour l’État français qui se positionne en tête de l’optimisme technologique à l’échelle européenne.
Participation à l’innovation publique
Pour renforcer l’innovation au sein du secteur public, Albert sera présenté dans divers événements et forums, comme le Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle. Ce dernier est prévu pour les 5 et 6 février en présence de professionnels de la tech, tant du secteur public que privé. C’est une occasion unique pour échanger sur les défis et les opportunités qu’offre l’intégration de l’IA dans les administrations publiques.
Une vision collaborative
Permettre l’échange d’idées et de bonnes pratiques sera clé pour la réussite des projets d’intelligence artificielle comme Albert. La collaboration entre les différents acteurs, tels que les collectivités locales, les entreprises privées et les instances de recherche, renforcera cet écosystème d’innovation. La vision d’un service public moderne, agile et connecté ne pourra se réaliser sans l’engagement de tous ces acteurs. Le partage des connaissances et des expériences sera essentiel pour voir émerger des solutions pertinentes et adaptées aux enjeux contemporains.
La mise en œuvre d’Albert au sein de l’administration publique démontre que l’État français s’engage activement dans la transformation numérique et l’innovation, plaçant l’IA au cœur de sa stratégie publique. Ce cheminage, marqué par l’ouverture et la collaboration, technologique, économique et sociétale, témoigne d’une volonté forte d’avancer vers un futur où la technologie sert efficacement le bien commun.


